Je sonnais ! Personne, je suis rentrée et j’ai gentiment ranger mes affaires.
Quelques heures après mon arrivée, maman frappa à la porte. Je ne la reconnaissais pas, elle était très bronzée c’était surprenant.
Elle revenait de faire des courses à l’hyper marché de notre quartier. Nous étions heureux de nous retrouver ! Elle me raconta que pendant ses vacances à Montpellier elle avait rencontré Marc. D’ailleurs elle était tombée folle amoureuse. Elle avait passé de merveilleuses vacances et j’étais contente pour elle.
Moi, je lui ai raconté vaguement les choses.
Ma scolarité était terminée et je venais de recevoir toute mes demande de dossiers que j’avais fait avec la conseillère d’orientation.
Elles étaient toutes refusées !
Pour la rentrée, je n’avais pas d’établissement, maman demanda à mon collège. Il ne voulait plus de moi sauf en CCPN.
Une classe de retardés à mes yeux et il n’était pas question d’y aller ! J’avais surtout envies de partir de chez moi et d’être interne.
Mes raisons ?
Elles étaient claires, maman avait besoin de refaire sa vie et mon père commençait une nouvelle vie avec Marie. Il fallait que je trouve une place dans ma vie et maman était amoureuse et moi j’avais besoin d’indépendance.
Je traînais trop dehors le soir, je savais que si je restais là. J’allais faire des conneries avec les autres de la cité.
Il fallait absolument me trouver une école.
La veille de la rentrée, nous décidions de prendre l’annuaire téléphonique et appeler un établisement qui était à 60km de chez moi. Elle eut directement la conseillère d’éducation. Elle lui dit qu’il n’y avait plus de place en employé de bureau. Il en restait une mais en Mécanique Générale.
Oh ! Grand désespoir, je dis Oui ! Je serais interne.
Suite à mon inscription par téléphone, le lendemain je me suis retrouvée au LEP des Chaumes. Avec mon gros sac pour la semaine, arrivé dans le dortoir : on me montra mon lit, l’armoire et le bureau.
Je me suis retrouvée interne dans un dortoir de 47 filles : Collège, Lycée et LEP mélangées. C’était nouveau pour moi, j’étais un peu perdue, je sortais de mon collège de 300 élèves et là nous étions 2000.
J’étais en 4ème Mécanique Général, dans ma classe il n’y avait que des mecs.
Ma première semaine d’internat fut éprouvante, j’avais du mal à me faire des copines (accepter) et je m’étais battue avec une ancienne qui m’avait insulté de « fille de pute » en Portugais.
Après cette bagarre, j’avais fait ma réputation et personne ne venait me chercher. D’ailleurs, j’ai échappé au bizutage grâce à cela.
Le premier trimestre, je me suis appliquée sur mes leçons, même si cela n’était pas toujours facile avec les garçons de ma classe. Effectivement, je n’étais pas très féminine ce qui était un avantage mais il ne fallait pas trop que j’impose ma masculinité sinon c’était le conflit direct. Donc, j’essayais de faire mon trou, prendre ma place dans cette classe avec ces garçons très dissipés et bien souvent indisciplinés.
Après les cours, je me retrouvais avec les filles de l’internat et là aussi ce n’était pas simple de changer mon comportement. Et de m’adapter ! Au début c’était dur, mais finalement j’ai pris l’habitude.
J’ai réussi à avoir le meilleur bulletin de toute ma vie. Sinon les week-ends chez mon père étaient de plus en plus courts car j’en avais marre de n’être qu’un mur.
Et surtout je ne supportais pas ses ordres et ses nombreuses colères. De plus un soir à table où tous les enfants de Marie étaient là ainsi que mon frère.
Mon père prit la parole et toucha le ventre de Marie qui était arrondi et pour cause.
Il annonça-« Vous voyez cet enfant, ce sera le mien et je l’aimerai plus que vous ! ! ».
Cette phrase me raisonna dans la tête et me fit mal au cœur ainsi qu’à mon frère.
Au bahut ça allait de moins en moins bien. Un jour, je subis une injustice. Tout a commencé un soir, on attendait dans le couloir que la pionne ouvre la porte de l’internat. Nous étions toutes serrées les une contre les autres et j’aimais bien chahuter. Je m’amusais avec la paume de ma main à taper sur le front de certaines, ce que je fis à Nini. Puis nous avons passé une soirée ordinaire à l’internat sauf que Nini était partie à l’infirmerie. La directrice de l’internat fit son tour, Mme Porch que nous surnommions « La grosse porche ».
Le lendemain matin, je suis allée au LEP comme d’habitude. Avant d’aller en cour je fumais ma cigarette quotidienne sous le préau.
Quand soudain !
La conseillère d’éducation sortit comme une furie et commença à m’accuser d’un acte que je n’avais pas commis, je ne comprenais rien. Une fois arrivées dans son bureau, elle m’engueula devant tout le monde en laissant sa porte grande ouverte. J’essayais de m’expliquer !
Nini était encore à l’infirmerie ce matin, son père était venu la chercher pour l’emmener à l’hôpital.
La conseillère d’éducation voulait le numéro de mon assurance parce que j’avais frappé Nini sur la tête et elle devait avoir un traumatisme crânien. Je ne croyais pas une seule minute que je pouvais avoir fait une chose pareille. Le pire c’est qu’elle ne me croyait pas et voulait téléphoner à ma mère pour lui demander si elle avait une assurance.
C’était une trop grosse injustice, de me traiter de la sorte. J’ai envoyé balader la conseillère, je suis sortie de son bureau avec la haine, car c’était la petite goûte d’eau qui faisait déborder le vase. J’accélérais le pas dans le couloir du bahut car je sentais qu’elle me suivait. Quant au loin sa voix me dit-« Sandy ! Si tu t’en vas ! Tu perds ton sac de billes ! ! ».
Cette phrase résonnait dans ma tête, je fis demi-tour arrivé dans son bureau, elle referma la porte derrière moi et je me suis mis à nier les faits tout en laissant couler des larmes sur mes joues rouges de colère.
Elle me laissa une chance de m’expliquer. La semaine qui suivit cet incident, je sus que Nini avait eu une sinusite. C’était la grosse Porche qui avait inventé cette histoire.
Je disais que c’était la petite goûte d’eau qui faisait déborder le vase, parce que les week-ends, cela n’allait pas très fort chez mon père.
Sandy
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