A partir du CM1 j’ai commencé à jouer avec les filles, nous inventions des histoires du club des cinq et j’avais le rôle du garçon. Il y avait dans ce club : Véronique G, Christelle M, Christelle G, Karine B et moi.
Chez moi, je jouais avec des poupées mannequins (que des hommes bien sûr), ils se blessaient toujours et il y en avait deux, toujours les mêmes, qui étaient uniquement présents pour les soigner et les aimer pour qu’il guérisse. J’adorais faire les pansements et simuler des bagarres, des accidents.
Mon frère allait déjà au collège, et si mes souvenirs sont bons. Il avait souvent des mots sur son carnet de correspondance à faire signer par maman. Qui rouspéter un peu ! ! Il n’est pas très proche de moi, même le contraire, ce n’était pas le frère protecteur, plutôt insignifiant…
En CM2, mon maître s’appelait Denis C, et cette année là, les parents de Karine B me proposèrent de partir avec eux, en vacances à St Tropez. Cela partait d’une bonne intention, au lieu de partir en colonie comme tous les étés. Cela me permettait de changer d’air et d’être bien entourée. Une fois là-bas avec eux il y avait un problème, moi ! !
Je ne me sentais pas dans mon milieu, dans le sens ou il y avait trop d’harmonie dans cette famille et j’avais la sensation d’être une pièce rapportée. Difficile de définir ce mal être quand on a que 9 ans.
Mon amie voulait jouer avec moi. Et moi pas ! Alors nous nous disputions fréquemment.
Une nuit, j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps. J’avais mal d’être seule dans ce grand lit, j’avais besoin que quelqu’un me console. Karine ne voulait pas dormir avec moi, vu que l’on ne s’entendait plus. Je n’arrêtais pas de pleurer, cela me faisait suffoquer. Comme lorsque mes parents se disputaient !
Le lendemain matin, nous sommes allés à St Tropez vers le port, je suis allée chez un médecin qui a constaté que je faisais de l’asthme, il me donna un traitement.
Un après-midi, j’étais dans le salon en train de faire une réussite pendant que Karine, son frère et son cousin se préparaient pour aller à la plage.
J’ai eu une pensée, mais une mauvaise pensée. Je me demandais de quelle manière je pourrais rentre chez moi. Alors mes pensées ont commencé à divaguer vers des accidents que j’imaginais. Seul un accident ou une maladie pouvait me permettre de renter à la maison. Je ne voulais pas que cela soit trop grave, juste ce qu’il faut.
Ils me proposèrent de partir avec eux à la plage. Ils faisaient la course en vélo et j’avais un petit vélo avec un frein arrière. Ils étaient déjà lion, j’avais l’idée de les rattraper dans la descente. Devant moi se trouvais un camion, j’ai tenté de le doubler par la droite.
Là fut mon erreur, je suis passée en dessous !
Le camion passa sur mes jambes…le chauffeur est descendu du camion car il avait senti deux trottoirs.
Mais c’était moi, j’ai voulue me redresser de suite…mais quand j’ai vue mon os de la cheville et mes jambes, je ne les sentais plus. Sur le coup, je n’ai pas pleuré !
Résultat ! Pompier ! Hôpital !
Je fus hospitalisée, le 25 août 1980, je me suis retrouvée seule dans une chambre avec une Anglaise qui venait d’avoir un accident de moto. La douleur physique et morale était trop vive, je me sentais abandonnée.
J’attendais ma mère, le lendemain de mon hospitalisation. On m’avait dit qu’elle viendrait, un jour précis, me chercher. Je ne me rappelle plus quel jour exactement, mais je sais que le matin même je me suis levée heureuse sachant que j’allais la revoir.
J’ai attendu ! L’après-midi une infirmière me dit-« Attend, soit patient ce n’est pas la porte à côté ! » Je m’étais installée dans un fauteuil vers la fenêtre, avec les jambes bien étendues pour ne pas avoir mal. J’étais juste au pied du lit de l’anglais, pour ne pas qu’elle voit mon visage rempli d’inquiétude.
Et je savais qu’à partir de 20 h les visites étaient terminées. L’infirmière passa et me dit-« Exceptionnellement pour toi, si ta maman vient, on lui dira que tu l’attend. » Cela m’avait soulagé. Vers 22h30 malgré les larmes qui n’arrêtaient pas de couler, je me suis couchée et l’infirmière m’a dit-« Peut-être que ta maman a eu un empêchement ».
Le lendemain matin, on frappa à la porte, un fleuriste tenait un bouquet de roses rouge et un mot de ma mère.
Si je vous dis que j’ai encore pleuré ! Je me sentais abandonnée…
Oui, j’ai chialée ! !
Bref, c’est un souvenir par mis tant d’autres. J’ai quand même passé de bons moments avec cette famille. Ou du moins, je n’étais pas prête a vivre avec eux…je ressentais cette nécessiter : qu’il avait fait une bonne action. Sorti une jeune fille de son quotidien et de surcroît qui a des parents divorcer.
Ce qui m’a le plus dérangé, se sont mes pensées ! Est-ce vraiment une coïncidence ?
Ou est-ce moi qui ai provoqué cet accident ?
Sandy
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