Maman faisait ce qu’elle pensait être bien pour elle. Elle aimait être collé au téléphone, elle avait des factures faramineuses. Ce n'etait pas comme maintenant ou tu peux téléphoner pour pas cher.
Elle a connu un mec brun je l'appellais 4/4 …il est resté longtemps celui là. Quoi, il passait suivant ses besoins certainement. Je l’appelais 4 /4 parce qu’il avait une jeep de l’armé. Une fois il nous avait emmené faire un tour en ville. Le truc pas discret, cheveux au vent. J’en avais même fait profiter les copines de bâtiment…Maude, Jenny, Valérie…
Jenny était à mes yeux, la plus belle de
A vrai dire, à cet époque…j’avais beaucoup de mal à avoir des ami(e)s. Vu ce que je vivais…je n’arrivais pas à accrocher au truc bateau des filles.
Elle me saoulait, avec leurs maquillages, les mecs et tout ce qui va avec… et de plus je n’étais pas du tout attiré par les garçons. Mais je ne savais pas encore que j’étais lesbienne. Nan ! Du tout !
Bref, 4 /4 faisait croire à maman qu’il faisait de la magie noire. Moi, j'aimais bien le taquiner à ce sujet.
Maman lui faisait des bons petits plats et restait devant lui à le regarder manger. Puis, je les laissais tous les deux, je partais dans ma chambre écouter Bob Marley.
Je pense que maman ne cherchait pas vraiment d’amoureux.
Un jour, nous sommes parties à Cahors dans le sud ouest pour rencontrer un de ses correspondants. Faut croire que maman aimait cette partie de
Cela faisait depuis peu, qu’elle communiquait avec cet homme. Il nous a payé les billets de train sans rechigner. C'etait rare des hommes pas prés de leurs sous.
Bref, nous voilà partie toutes les deux pour Cahors. Moi, contente de voir le paysage défiler sous mes yeux et de voir du monde. Plus de 6 heures de train en Corail…c’était quand meme fatiguant !
Arrivé le matin à la gare, la pression monte pour maman (et moi). On ne sait pas sur qui nous allons tomber. Puis au bout de quelques minutes de poirrotage devant la gare.
Un homme brun, mais plus jeune que d’habitude viens nous rejoindre. D’ailleurs, j’ai bien vue que maman était elle-même étonnée. Bref, nous montions avec lui dans sa voiture…puis il nous amene dans un bâtiment au 3ème étage. Je m’en rappelle ! Une fois, les bagages déposés dans le couloir. On lui demande un café…et là, je vois qu’il ne sait pas ou est le café et les tasses. J’observe !
Puis, il semble tout d'un coup pressé…il s'en va en nous disant qu'il revient d’ici une ou deux heures !
Nous voilà, toutes les deux dans un salon froid en train de boire du café. Je dis à maman que ce n’est pas normal. Il ne connaît pas l’appartement, il est jeune, il revient…mais avec qui…??
Maman faut partir de là tout de suite…Maman on se sauve !
Mais elle n’avait pas assez d’argent pour le retour me dit-elle…!
On s’en fou !
On se débrouillera… !
Ouf ! Je l’ai convaincue !
Mais avant de partir, il faut savoir ou nous sommes ?
Trouver une adresse, un taxi…
Apres avoir bien fouillé tout l'appart j'ai trouvé une enveloppe avec l'adresse ... ouf !!!
Maman ne perd pas la boule … elle décide de prendre un maximum d’objet pour se venger avant de partir !
Alors nous voilà, en train de piquer tout ce qui nous tombent sous la main, en attendant le taxi. J’avais peur, mon cœur battait à dix milles à l’heure.
Il pouvait très bien revenir le mec !
Ouf, nous sommes dans le taxi … direction la gare !
Arrivé à la gare, il fallait prendre un train au plus vite…mais vu que maman n’avait pas assez d’argent. On ne pouvait pas prendre le premier, on a du attendre la fin de matinée, la peur au ventre!
Je faisais le gai, je regardais partout…j’avais très peur !
Une fois, dans le train…la pression est complètement descendue…enfin !
Nous n’avions pas de place assise, on était debout dans le couloir. Pas gouave ! L'essentiel était que l'On rentrait ! Assise sur notre butin, maman et moi sommes partie dans des crises de fou rire… :o)
Ce jour, là…j’ai prêté mon sac à une dame âgé qui n’avait pas de place, elle a pu voyager assise sur mon sac. Cette femme s’appelait Ménie Grégoire, journaliste de France Soir. Petit bout de femme avec des grands yeux noirs, au cheveu noir et gris.
Coquine que je suis…j’ai enregistrée dans ma tête son adresse qui etait ecrit sur sa valise et plus tard je lui écris pour savoir si elle allait bien. J’ai eu droit à une douce lettre que j’ai toujours d’ailleurs.
Voilà, une petite série de conquête de maman…des souvenirs que je n’oublierais jamais.
En tout cas, je ne sais pas si j’ai évitée le pire à Cahors ?
Mais je ne regrette pas d’être partie !
Au plaisir
Sandy
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