Je devenais de plus en plus dur....
Encore un week-end, chez mon père. J’étais obligée de rester jusqu’au lundi matin en plus parce que maman n’était pas là. C’était prévu que je prendrai le train du lundi matin avec mes copines d’internat.
Tout se passa à peu prés bien, jusqu’au dimanche soir à table. Il y avait Vincent le fils de Marie.
Papa me fit encore une réflexion qui me blessa une fois de plus. Pour ne pas montrer ma tristesse, je suis sortie de table pour me réfugier dans la chambre d’amis au 1er étages. Malheureusement pour moi, il me suivit et ferma la porte de la chambre derrière lui. Il commença à m’engueuler, parce que j’étais sortie de table sans lui demander la permission etc.…
Il me menaçait et il en arriva aux mains, je voyais son regard noir. Je ne pouvais m’empêcher de riposter à son agressivité ! Je me débattais comme je pouvais, il me cogna la tête contre le mur, me donna un coup de poing avec sa chevalière ma lèvre se fendit. Le sang coulait de ma bouche et je le regardais avec haine ! !
Puis il retourna à table comme si rien ne s’était passé. Je me suis soignée comme j’ai pu, je mis de l’eau froide sur ma lèvre qui avait gonflé et le front afin que la bosse ne devienne énorme (malgré l’œuf que j’avais !). Il suffisait que j’ouvre la bouche pour que cela se remette à saigner.
Allongée sur le lit, frappée de stupeur, je tremblais de partout. Tout se bousculait dans ma tête ! Mon père me foutait une trempe parce que je n’étais pas d’accord avec lui.
Je n’arrivais pas à pleurer, mais au fond de moi, mon cœur se resserrait encore et encore, ma poitrine était compressée, écrasée. Puis je pensais à Marie ! Qui n’était même pas montée pour lui dire d’arrêter !
Elle devait entendre d’en bas !
L’affolement vint quant il fallut que je prenne le train le lendemain.
Comment allais-je faire ? Qu’allais-je dire aux autres ?
Cela se bousculait de plus en plus dans ma tête !
La nuit fut longue car mes idées n’étaient pas très claires. A 4 heures du matin, j’entendais mon père se préparait pour partir au boulot. J’ai attendu qu’il part, puis je me suis levée. J’ai regardé ma sale tête dans la glace. J’arrivais à la gare avec une heure d’avance, mon train n’était qu’à six heures.
Je me suis assise sur un banc, dans un coin de la gare. Je sentais un regard posé sur moi.
C’était une femme, d’une quarantaine d’années qui me dévisageait. Je me suis sentie gêner et c’est là que je me suis dit-« Il faut que je joue la dure car les copines ne vont pas tarder d’arriver et il faut que je sois à la hauteur ! ».La prise de conscience!
Elles m’inspectèrent et les questions fusèrent. Je voyais dans leurs regards qu’il avait de la crainte.
Arrivée au lycée le plus dur s’annonçait ! !
J’approchais le bureau de la CE pour poser mon sac d’internat. Il y avait des élèves qui étaient en train de discutés avec elle. Elle aimait parler avec les élèves a fin de mieux les connaîtrent.
Moi, c’était juste bonjour et bonsoir !
Je suis rentrée dans son bureau le plus discrètement possible.
Quand, je sentis son regard se posait sur mon visage et j’entendis en même temps.
-« Qu’est ce qui t’es arrivée ? ».
Je me suis figeais sur place et mon cœur commença à battre la chamade.
-« Qu’est ce que c’est sur ton visage ? »
-« Rien, je me suis battu ce week-end avec les mêmes nanas ! ».
Elle demanda aux élèves de sortir et moi de rester. J’étais paralysée devant son bureau avec mon sourire provocateur (qui n’avait plus son effet !).
Sous son ordre, je fermais la porte derrière les élèves et je m’asseyais en face d’elle à son bureau.
La CE essaya de savoir ce qui se passait ! Toutes les hypothèses y passèrent : Raquette, drogue, mon petit copain…
Mais rien ne sortait de ma bouche, j’étais trop sûre de moi, j’avais donné toute mon énergie en lui disant que je m’étais battue.
Sauvée par la sonnerie, je suis montée en cour !
Sandy